Deux Alsaciens, un style pas comme les autres et aucun plan de carrière !
« MAAAAALIKAAAA »
La naissance des Heckeshiesser et de Malika liebt Bananeneis !
Tout aurait pu s’arrêter à une plaisanterie entre le café et le digestif. Une phrase lancée à la fin d’un repas, quelques rires, puis chacun serait retourné à ses occupations. Mais ce vendredi de mars 2026, au Cheval Noir à Niederroedern, Steve Maire a une idée qui ne veut plus le lâcher. Quelques mois plus tard, elle fera chanter des gens sur une histoire de glace à la banane. Comme quoi, il faut toujours se méfier des fins de repas en Alsace du Nord.
Ce jour-là, Malika, la cousine de Sabrina, la gérante du restaurant, aide au service. Elle est aussi une amie de Steve. Son prénom lui plaît, il sonne bien. Alors Steve lui lance en rigolant qu’un jour, il fera une chanson sur elle. Et soudain, tout s’enchaîne : Malika, la glace à la banane, le début d’un refrain… Il termine son café, sa poire Williams de ce vendredi midi, puis annule ses deux rendez-vous de l’après-midi pour écrire l’idée à chaud ! « Quand j’ai écrit la chanson, j’avais le même sentiment que quand j’avais écrit “Unser Sebastien Loeb”. »
Cette envie de chanson attendait son heure depuis longtemps. En 2010, Steve avait déjà signé « Unser Sebastien Loeb », consacré au célèbre pilote de rallye WRC. Le morceau avait fait le buzz et lancé l’aventure de la Rodikuh. Depuis, il rêvait de retrouver ce plaisir : partir d’un délire et voir jusqu’où il pouvait l’emmener. Avec Malika, il tient enfin son point de départ.
Pour la musique, il imagine un mélange à son goût. Il écoute souvent les Zillertaler Haderlumpen, Die Grubertaler, les Zillertaler Mander… C’est dans cet esprit du Zillertal, l’une des plus célèbres et des plus grandes vallées alpines du Tyrol, en Autriche, qu’il veut inscrire sa chanson. De l’accordéon, du tuba, des cuivres, l’ambiance des Zillertaler et l’énergie du Ballermann. Quelque chose qui sente autant l’après-ski que les vacances à Mallorca, avec un refrain facile à retenir et difficile à oublier. Steve travaille la composition et prépare une maquette. Il la fait écouter à quelques amis. Leur réaction lui donne un petit coup de pouce : « Mec, faut que tu sortes cette chanson ! »
À deux, le délire va plus loin que tout seul… le duo est né !
Un soir, sur la route d’une soirée, il fait découvrir le morceau à Alex dans la voiture. Celui-ci adore. Steve sent qu’il y a quelque chose à faire, mais l’idée de porter tout cela seul ne l’enthousiasme pas vraiment. Il en parle à sa compagne, Laetitia. Et si Alex le rejoignait ? Il a le style, l’esprit, cette façon d’être qui pourrait donner une autre dimension au projet. Elle valide aussitôt l’idée. Steve propose, Alex accepte avec plaisir. L’histoire trouve son deuxième personnage.
Car ces deux-là ont bien plus qu’un refrain en commun. Ils aiment la nature, les montagnes, les fermes, les grandes tablées et les soirées où l’on est simplement heureux d’être ensemble. Casquettes à l’envers et accent bien poussé du fin fond de l’Alsace du Nord, ils ont un petit air d’Américains à leur manière. Des cowboys capables de défendre le chili con carne, mais qui gardent une place pour les knacks, les schnitzels et la bière. On peut rêver d’Amérique sans renier les bonnes habitudes.
Ni chanteurs ni musiciens
Dans leur duo, pourtant, les caractères se frottent. Steve râle, s’impatiente et cherche Alex, jamais là quand il faut. Alex rêve, regarde ailleurs et affiche une naïveté qui finit par faire grimper Steve dans les tours. L’un voudrait avancer, l’autre semble avoir encore un paysage à admirer. C’est aussi dans ce décalage que les Heckeshiesser prennent vie. Deux personnages qui se chamaillent, mais se retrouvent dès qu’il est question de musique, de copains et de bon temps.
Ils ne se prétendent ni chanteurs ni musiciens. Ils veulent tenter l’aventure, avec leur accent et leur autodérision. Les mois passent, ils se retrouvent pour s’entraîner, puis enregistrent leurs voix en studio chez Tom Mathis, un ami de Steve qui, lui, est un vrai chanteur connu en Alsace. Le clip se tourne à l’arrache, porté par l’envie et la bonne humeur. Petit à petit, la plaisanterie du restaurant devient une chanson que l’on peut enfin partager. Le personnage de Malika est né et devient la vedette du titre « Malika liebt Bananeneis ».
La chanson sort juste avant les Oktoberfest. Et très vite, le délire dépasse le cercle de ceux qui avaient écouté la maquette. Des gens se filment en chantant, le morceau passe dans des soirées du coin. Des propositions arrivent même pour venir faire le show sur scène. Voilà Steve et Alex invités à poursuivre en public une histoire qu’ils avaient commencée pour s’amuser.
C’est peut-être là que leur aventure prend tout son sens : lorsqu’une idée un peu folle devient un moment partagé. Un refrain que les copains reprennent, une vidéo reçue, des inconnus qui entrent dans le jeu. La chanson n’appartient déjà plus tout à fait aux deux compères. Elle fait son chemin, avec sa banane et son accent.
La suite se prépare pour décembre, avant Noël, avec une deuxième chanson. Les Heckeshiesser gardent le même cap : suivre leurs envies, rire d’eux-mêmes et embarquer ceux qui voudront bien les accompagner. Évidemment, ils n’en dévoilent pas le sujet pour le moment, mais il s’agit d’un problème qui concerne beaucoup de monde en période hivernale.
Boire des coups et pousser la chansonnette pour le délire !
Entre l’Alsace, les montagnes et Mallorca, il reste du chemin. Mais leur ambition tient en peu de choses : faire marrer les gens du coin, boire un coup au bar entre potes et profiter sans se prendre la tête. À l’aube de 2027, quand tout semble se compliquer, les Heckeshiesser s’accordent une liberté toute simple : suivre leurs envies, même quand elles ne rentrent pas dans les cases. Et si ça fait sourire du monde au passage, c’est qu’ils ont pris la bonne direction !
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