Jordan Kraemer vous raconte !
Après plusieurs semaines de météo catastrophique en Alsace, partir en Floride fin février tombe plutôt bien. Miami nous accueille avec sa chaleur, ses palmiers, ses façades Art déco et ses grosses cylindrées. Un peu plus loin, les Everglades et Okeechobee nous montrent une autre facette de la Floride, plus sauvage, plus rurale. Mais dans nos têtes, une seule destination compte vraiment : Daytona.
LA BIKE WEEK, UN IMMENSE TERRAIN DE JEU
Du 27 février au 8 mars 2026, la Bike Week transforme toute la région en immense terrain de jeu pour les passionnés de moto. Nous y voilà.
MAIN STREET, PREMIÈRES SENSATIONS
Pendant la Bike Week, ce n’est pas seulement Daytona Beach qui vit au rythme des motos. Les rassemblements, concerts, swap meets, bars et préparateurs sont partout. Impossible de tout faire, alors il faut choisir. Notre premier passage par Main Street donne déjà le ton. Des motos, des chromes, des préparations incroyables et une ambiance qui mélange rock’n’roll, mécanique et culture biker. Certaines machines sont magnifiques. D’autres sont franchement improbables. Il y en a même quelques-unes devant lesquelles on se demande : « Mais pourquoi ?! »
« Parce que j’avais envie de le faire et fuck off pour celles et ceux qui n’aiment pas. »
C’est ça qui me plaît à Daytona. La moto y est une forme d’expression. On construit, on transforme et on peint. On ne cherche pas forcément à faire comme les autres. On fait surtout comme on en a envie.
BROKEN SPOKE SALOON, L’ESPRIT BIKER
Au Broken Spoke Saloon, à Ormond Beach, cette philosophie prend une autre dimension. Les immenses chênes forment une sorte de cathédrale naturelle qui protège du soleil de Floride. La lumière traverse les branches, le rock’n’roll résonne au loin et les motos sont garées un peu partout sous les arbres.
Autour de nous, les gars discutent mécanique, racontent leurs routes, leurs machines, leurs histoires. L’anglais et les accents américains font complètement partie du décor. J’ai pensé à Zion, cette terre promise où l’on se sent libre et à sa place.
Au Broken Spoke, j’ai vraiment eu l’impression d’avoir trouvé notre Zion biker : des motos, du rock’n’roll, des cigares et des passionnés. Entre deux immenses chênes, les organisateurs ont même suspendu deux choppers dans les arbres. Une façon de garer sa bécane plutôt…
CHOPPER TIME
La suite nous emmène au Tropical Tattoo pour Chopper Time. Ici, il faut avoir du temps devant soi. Tous les quelques mètres, une machine attire l’œil. Des choppers construits de A à Z, des moteurs anciens, des peintures et des préparations qui représentent des heures de boulot.
On est clairement dans un artisanat mécanique qui demande du savoir-faire…de la patience et parfois une bonne dose de folie.
L’ambiance autour de ces événements est assez particulière. Musique, tatouages, cigares et une culture autour du cannabis beaucoup plus visible qu’en Alsace. Dans cette atmosphère rock’n’roll, assez décomplexée, on découvre forcément des choses qu’on ne vivrait pas de la même manière chez nous.
Bref, on a vécu l’expérience à fond. Les cigares font d’ailleurs partie du décor. Parce qu’un biker en Floride sans cigare, c’est un peu comme un Alsacien sans bière : il manque quelque chose.
DES RENCONTRES INOUBLIABLES
C’est aussi au Broken Spoke que je rencontre Jack McIntyre, photographe pour Easyriders. Une rencontre prévue depuis plusieurs semaines, mais qui prend une autre dimension une fois sur place. Dès les premiers échanges, le courant passe. Sa manière de parler, son énergie et son regard sur la moto me rappellent cette culture biker américaine que j’apprécie particulièrement.
Quelques heures plus tard, une autre rencontre avec Jack 1340, accompagné de sa femme Florence. Photographe bien connu du milieu custom, avec sa fameuse signature en noir et blanc. Là encore, pas besoin de grandes présentations : on parle motos, photos et histoires comme si on se connaissait déjà.
C’est aussi ça, la moto. Elle permet parfois de rencontrer des gens qu’on n’aurait probablement jamais croisés autrement.
DAYTONA INTERNATIONAL SPEEDWAY
Dernière grosse étape : le Daytona International Speedway. On y découvre des courses comme les King of the Baggers et les Super Hooligan. Voir des machines de plus de 280 kilos se jeter dans les virages à des vitesses complètement absurdes suffit à remettre quelques certitudes en question. On pense connaître la moto. Puis on regarde un Bagger poser le genou par terre sur un circuit et on se dit qu’on ne joue décidément pas dans la même catégorie.
Après neuf jours en Floride, une chose reste surtout en tête : la culture moto américaine ne se résume pas aux Harley, aux chromes et aux gros moteurs. Elle est faite de personnalités et d’authenticité.
Voilà pourquoi il fallait faire les 7 500 kilomètres depuis notre Alsace.













