Au Carrefour Contact de Seebach, Pascal Schellhorn a changé de poste. Le voilà aux commandes d’une autolaveuse. Une reconversion qui roule.
Avant, il faisait tourner le magasin. Maintenant, il tourne dedans. La nuance est mince, mais le sol apprécie.
Derrière son guidon, Pascal savoure le travail bien fait. Un passage et ça brille. Deux passages et les néons se reflètent dans le carrelage. Puis un client traverse avec ses chaussures boueuses. Pascal sourit. Un sourire de professionnel. Celui qui dit bonjour pendant que le cerveau dit autre chose.
Les vieux réflexes ont pourtant la vie dure. Devant une tache près des caisses, il commence par chercher le responsable. Il baisse les yeux vers sa machine. Le responsable vient de se retrouver.
« Je me sens heureux, et un lien s’est créé avec mon autolaveuse : je la vois plus que ma femme ! »
Avec son autolaveuse, l’entente est parfaite. Elle avance quand il lui demande, ne discute jamais les horaires et ne réclame aucune augmentation. De son côté, il veille sur elle : de l’eau quand elle a soif, une prise quand elle fatigue. À force, sa femme commence à trouver cette complicité suspecte. Surtout depuis qu’il parle de « sa petite » en rangeant le chargeur. Elle attend désormais de voir à qui il offrira des fleurs pour leur prochain anniversaire.
Pascal mesure maintenant ses journées en mètres carrés. Les allées sont impeccables, les clients admirent. Lui garde les pieds sur terre. Enfin, de préférence sur une partie qu’il n’a pas encore lavée !









